En France, plus de 6 800 sites et sols pollués ou potentiellement pollués se situent en milieu urbain ou péri-urbain. Dans ce contexte, plusieurs textes institutionnels (loi pour l’accès au logement et urbanisme rénové, loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt) et plus récemment l’engagement national pour un objectif de zéro artificialisation nette dans le cadre du plan biodiversité ont éclos. L’émergence de ces sujets au niveau réglementaire démontrent de la nécessité de repenser la construction des villes en encourageant la reconquête de ces espaces délaissés, souvent dégradés, dans l’objectif de lutter contre l’artificialisation des sols.

La disponibilité de données sur les expériences de réhabilitation écologique et de dépollution, ainsi que les outils opérationnels de conception, suivi et évaluation de leur succès restent néanmoins très limités.

Une première étude pour l’association RECORD a abouti à un état de l’art ainsi qu’à un bilan critique des méthodes de mesure de la biodiversité, des fonctions et des services écosystémiques dans le contexte particulier de sites dégradés ou pollués réhabilités en prairies. Elle a servi de base à la réflexion entreprise par le consortium.

Ainsi, il s’agit dans le cadre de cette nouvelle étude pour RECORD et avec le soutien de l’ADEME de proposer une démarche conceptuelle et méthodologique permettant d’orienter un projet de réaménagement de sites dégradés voire pollués vers une réduction de l’artificialisation des écosystèmes urbains ainsi que de suivre par le biais d’indicateurs la restauration du fonctionnement de ces écosystèmes urbains et des services écosystémiques associés.

Résultats du projet

Les objectifs de l’étude ont été poursuivis en co-construction avec les industriels de l’association RECORD réalisant des projets de réaménagement en milieu urbain afin de finement comprendre leurs attentes et besoins, ainsi que de concevoir et d’ajuster l’outil en fonction de ceux-ci. Or, il est apparu que l’un des enjeux majeurs ciblés par ces projets est de favoriser la création d’espaces de nature en ville et de restaurer leur fonctionnalité générale afin que les habitants et usagers puissent bénéficier des services qui en découlent, que l’on appelle biens et services écosystémiques.

Le recours aux Solutions fondées sur la Nature (SfN), récemment précisé et alimenté par l’UICN, est un des axes méthodologiques privilégié dans l’étude. Cette approche permet d’orienter le porteur d’un projet de réaménagement vers l’intégration d’une plus forte proportion d’espaces naturels réhabilités contribuant au bien-être des habitants ou encore à l’atténuation des changements climatiques. Elle propose également de s’appuyer sur les écosystèmes naturels et leurs fonctions écologiques pour accélérer le rétablissement d’un écosystème autonome. Finalement, la démarche associée aux SfN constitue une réponse efficace, durable, respectueuse de l’environnement et à impact positif à la fois pour la biodiversité et pour l’Homme, tout en représentant une solution alternative à des aménagements plus conventionnels s’appuyant inévitablement sur une destruction d’habitats naturels.

Finalement, les réflexions menées dans l’étude ont permis d’aboutir sur deux résultats majeurs :

  • Une démarche conceptuelle et méthodologique permettant d’orienter un projet de réaménagement de manière à favoriser la réhabilitation écologique d’une partie de l’écosystème urbain par la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature.
  • Un outil Excel assorti d’une notice d’utilisation élaboré sur la base de cette démarche, dans une logique d’opérationnalisation. Il permet, grâce à des données d’entrée spécifiques à un site et renseignées par son utilisateur (gestionnaire ou industriel), d’avoir accès à une liste des Solutions fondées sur la Nature pouvant idéalement se substituer à des solutions conventionnelles fortement impactantes. Cet outil propose par ailleurs des indicateurs de suivi des fonctions et services écosystémiques permettant de mesurer le succès de la réhabilitation écologique mise en œuvre sur le site.

Vous pouvez retrouver le rapport complet et sa synthèse sur le site de l’association RECORD : https://record-net.org/catalogue/226.

Contact

Clémentine Anglada, Consultante-Chercheure – clementineanglada@vertigolab.eu

Selma Benzekri, Consultante-Chercheure – selmabenzekri@vertigolab.eu

Partenaire

Biotope, BRGM

Commanditaire : Association RECORD – REseau COopératif de Recherche sur les Déchets et l’Environnement

Date : 2020-2021