Les Paiements pour Services Environnementaux : leviers efficaces pour la transition agroécologique ?

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Après un été marqué par un enchaînement de canicules et de records de températures faisant notamment du mois de juillet 2026 le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900 (température moyenne de 24,9°C)[1], notre modèle agricole est mis à rude épreuve. Marqué par des pratiques intensives (monocultures, travail du sol profond et fréquent, utilisation importante d’intrants de synthèse, sélections variétales, etc.) ayant entraîné des bouleversements environnementaux majeurs (perte de biodiversité, érosion et dégradation des sols, pollution des eaux, émissions de gaz à effet de serre, etc.), le système agricole actuel doit s’adapter et gagner en résilience pour être en mesure de faire face aux chocs à venir. Les évènements climatiques extrêmes et à répétition font en effet apparaître sa vulnérabilité et entraînent, pour les récoltes 2026, des estimations de pertes de rendements majeures, notamment sur les cultures de printemps avec par exemple une baisse d’environ 19 % pour le maïs grain (semences comprises) par rapport à 2025[2].

Face à ces constats alarmants, le déploiement à large échelle de pratiques agroécologiques apparaît comme un levier majeur d’adaptation en visant l’amélioration des performances environnementales et techniques des systèmes agricoles via le retour à des processus naturels, créant ainsi des interactions et synergies biologiques bénéfiques entre les composantes de l’agroécosystème[3]. Les pratiques agroécologiques visent ainsi à restaurer les écosystèmes en améliorant la résilience aux chocs climatiques et en améliorant les conditions de vie des communautés agricoles, tout en s’inscrivant dans le maintien de la sécurité alimentaire. 

Cependant, cette transformation profonde du système agricole suppose bien plus qu’une évolution des pratiques et s’accompagne souvent d’une prise de risque pour des exploitations agricoles dont le modèle économique est trop fragile pour être en mesure de l’absorber[4], que ce soit au regard des investissements financiers nécessaires (liés à l’achat de matériel spécifique notamment) mais aussi aux pertes de rendement éventuelles. C’est d’ailleurs le 1er frein à l’émergence de projets de transition identifié par le « Plan d’actions pour le financement de la transition écologique »[5] de l’Institut de la Finance Durable (IFD). En sus, l’adoption de nouvelles pratiques impose souvent de prendre le temps pour s’informer, se former et les mettre en place. Cette prise de recul est souvent très complexe à opérer dans un quotidien où la charge de travail est très importante avec des durées hebdomadaires moyennes de travail entre 65 à 70 heures en élevage, 55 à 60 heures en maraîchage[6]. Enfin, la mise en place de nouvelles pratiques vient parfois se heurter aux circuits de commercialisation établis et nécessite d’identifier de nouveaux débouchés à la fois sécurisés et rémunérateurs, ce qui constitue aussi une prise de risque et un investissement en temps pour identifier et mettre en place ces nouveaux partenariats.

En réponse, dans son rapport de 2025[5], l’IFD propose 15 recommandations pour le financement de la transition agricole, organisées autour de 3 grands axes :

  • Harmoniser le cadre et mieux accompagner les agriculteurs dans leurs transitions (accès facilité aux données agricoles, valorisation de la santé des sols, création d’un guichet unique d’accès aux aides, mise en place d’un accompagnement agricole global, etc.)
  • Améliorer la rentabilité économique des projets et protéger l’agriculture française (information consommateur pour faciliter les débouchés, amélioration de la transparence des coûts via le renforcement d’EGalim 2, mise en place d’un éco-prêt à taux zéro, etc.)
  • Créer les conditions de mobilisation des financements et adapter les dispositifs aux besoins (portage foncier, massification des assurances récolte, déblocage des freins aux crédits carbone et aux Paiements pour Services Environnementaux, développement de l’épargne agricole, etc.). 

En complément, d’autres leviers financiers peuvent aussi être mobilisés pour accompagner les agriculteurs dans le changement de pratiques tels que des primes filières versées par des coopératives agricoles en fonction des pratiques agroécologiques déployées, des offres bancaires indexées sur le résultat des pratiques agroécologiques et qui récompensent l’atteinte des performances recherchées (bilan carbone, indice de régénération, certifications…)[7], des aides à l’investissement dans du matériel notamment via les fonds FEADER[8], etc.

Parmi ce panel de solutions, les dispositifs d’accompagnement aux changements de pratiques, parmi lesquels se trouvent les Paiements pour Services Environnementaux (PSE), apparaissent comme des outils particulièrement intéressants sur lesquels nous travaillons depuis plusieurs années chez Vertigo Lab et auxquels nous nous intéressons dans cet article.

Une rémunération complémentaire des agriculteurs pour préserver les services écosystémiques

Les principes fondamentaux des PSE

Les PSE sont des dispositifs qui rémunèrent les agriculteurs volontaires pour les actions qu’ils engagent afin de restaurer et protéger les écosystèmes, dont la société tire des bénéfices (préservation de la qualité de l’eau, stockage de carbone, protection du paysage et de la biodiversité…)[9] ; c’est ce qu’on appelle les services écosystémiques. Ils complètent la palette d’outils (réglementation, fiscalité, normes privées, etc.) répondant aux défis de la transition agroécologique.

Les PSE sont établis entre, d’une part les bénéficiaires des services écosystémiques rendus ou leurs représentants, qui endossent le rôle de financeurs, et les fournisseurs, en l’occurrence les agriculteurs, qui mettent en place des actions (plantation de haie, maintien de prairies, réduction de l’IFT, etc.) restaurant ou maintenant un ou plusieurs services écosystémiques (protection du bocage, régulation du cycle de l’eau, préservation de la qualité de l’eau, etc.). Par conséquent, les bénéficiaires peuvent être des citoyens, ou leurs représentants (collectivités territoriales, agences de l’eau, etc.), des acteurs industriels utilisant les ressources naturelles, des acteurs publics souhaitant préserver des paysages pour leur valeur récréative, culturelle ou encore des gestionnaires de milieux qui souhaitent agir sur des continuités écologiques.

Figure 1 : Principes de fonctionnement d’un dispositif de PSE (source : Vertigo Lab et Oréade Brèche, 2019)
Figure 1 : Principes de fonctionnement d’un dispositif de PSE (source : Vertigo Lab et Oréade Brèche, 2019)

Les PSE se distinguent par 5 critères de qualification, qui les distinguent des dispositifs règlementaires :

  • Une participation volontaire des fournisseurs
  • Un (ou des) objectif(s) environnemental(aux) clairement défini(s)
  • Une rémunération dépendante de l’atteinte de ces objectifs
  • Une nécessaire additionnalité imposant d’aller au-delà des exigences règlementaires
  • Un niveau de paiement incitatif, pouvant intégrer une rémunération directe et/ou des avantages financiers ou immatériels

Etant donné leur caractère volontaire, les PSE impliquent un travail d’alignement indispensable pour définir un montant de rémunération conciliant consentement à recevoir (i.e. le montant pour lequel l’agriculteur est prêt à mettre en place une pratique) et consentement à payer (i.e. le montant que le financeur est prêt à payer pour bénéficier du service rendu par l’agriculteur).

Les PSE peuvent prendre des formes variées, avec des financeurs divers qui peuvent être publics et/ou privés. Ces acteurs peuvent intervenir sur la chaîne de valeur agricole et alimentaire (coopératives, négoces, transformateurs, distributeurs) ou sur d’autres secteurs d’activités (industrie, luxe, assurances, etc.). La participation à un PSE peut permettre à un acteur économique de renforcer son action et ancrage territorial, d’inscrire cette action dans leur stratégie RSE ou de développement durable ou encore de contribuer à la préservation de ressources auxquelles leurs procédés industriels sont dépendants.

PSE public

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PSE hybride

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PSE privé

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Figure 2 : Exemples indicatifs et non exhaustifs de modèles de PSE existants en France

Toutefois, le cadre principal des PSE reste celui porté par le Ministère de la Transition Ecologique. En 2018, en lien avec les Agences de l’eau, il a élaboré un dispositif, faisant suite à la décision du Gouvernement d’octroyer 150 M€ à la mise en place de PSE[10]. Cette démarche est encadrée par le Régime cadre exempté de notification SA.115044[11] précisant les autorités d’octroi des aides (ensemble des financeurs publics, et en particulier l’Etat à travers ses services déconcentrés, les Agences de l’Eau, ainsi que les collectivités territoriales), le champ d’application et notamment l’importance donnée aux zones à enjeu eau, biodiversité, protection des sols, les bénéficiaires, etc. Les Agences de l’eau souhaitant déployer un PSE sont tenues de rédiger un Appel à Manifestation d’Intérêt précisant les modalités pratiques et le règlement, qui doit être conforme au cadre du régime.

Il est également possible, même si très complexe et nécessitant un fort investissement, pour un bénéficiaire de créer son propre régime de PSE, qu’il conviendra de notifier à la Commission européenne. Cette démarche permet de définir un cadre correspondant le plus précisément possible aux spécificités du territoire notamment en termes de mesures soutenues et de rémunérations associées. C’est notamment ce qui a été fait par Eau de Paris dont le régime, cofinancé par l’Agence de l’eau Seine Normandie, a été approuvé en 2020[12].  

Aller au-delà de la simple rémunération pour pérenniser le changement de pratiques

Véritables leviers de la transition agroécologique, les PSE permettent d’engager les agriculteurs d’un territoire dans de nouvelles pratiques agroécologiques en soutenant leur prise de risque, dans l’objectif de préserver ou restaurer les services auquel le dispositif entend répondre.

La construction d’un PSE sur un territoire nécessite du temps et un investissement humain de la part de la structure porteuse du dispositif mais aussi des bénéficiaires ou de leurs représentants. En effet, l’adhésion au dispositif ne pourra se faire que s’il est compris et jugé « juste » en étant, d’une part, suffisamment ambitieux pour atteindre les objectifs environnementaux visés et, d’autre part, réaliste au regard des efforts demandés et de la rémunération associée. Il est nécessaire d’anticiper ce travail et idéalement de le planifier en co-construction avec l’ensemble des parties prenantes, ce qui garantira leur adhésion au dispositif. Souvent étalé sur plusieurs mois et à l’interface de plusieurs acteurs, ce travail d’animation peut être réalisé directement par le porteur du PSE ou délégué à un tiers pour garantir prise de hauteur et neutralité.

Face aux attentes parfois divergentes entre fournisseurs et bénéficiaires, il est nécessaire durant cette phase d’élaboration du cahier des charges de garder en vue les objectifs définis préalablement pour aboutir à un dispositif à la fois ambitieux en termes de résultats escomptés mais aussi rémunérateur pour les agriculteurs qui s’y engageront. Un portage politique fort avec une vision claire des enjeux est clé pour parvenir à cet alignement.

Par ailleurs, le PSE ne doit pas se limiter à l’octroi d’une rémunération. Il est primordial de l’associer à un accompagnement technique, individuel ou collectif, visant à dispenser des formations, suivre la mise en œuvre des mesures, recueillir les difficultés ou blocages ou encore maintenir du lien avec les bénéficiaires. Cet accompagnement peut être réalisé directement par le porteur du PSE ou délégué à un tiers, notamment un opérateur technique agricole.

Enfin, nous défendons l’idée de dispositifs qui, tout en étant ambitieux, soient aussi souples, légers et peu coûteux. Ce postulat permet de maximiser la part de l’enveloppe financière qui revient directement aux agriculteurs, facilitant ainsi leur adhésion, et facilite aussi la gestion pour le(s) financeur(s) et porteur(s) du dispositif. Cela peut par exemple se traduire par la limitation du nombre de contrôles, la simplification des procédures administratives ou encore la mobilisation d’outils simples et non intrusifs (utilisation de photos géolocalisées par exemple).

Au-delà de ces bonnes pratiques, il est important de veiller à la communication associée à la mise en place de tels dispositifs. En sus des actions nécessaires pour faire connaître le PSE et donner envie de le rejoindre, certaines structures bénéficiaires mettent en place des actions de communication visant à valoriser l’engagement des agriculteurs dans des pratiques plus vertueuses et le rôle qu’ils et elles jouent sur les territoires, au-delà de la production de denrées agricoles : restauration de paysages, de la qualité de l’eau, de la biodiversité, etc. De telles campagnes permettent aussi de renouer le dialogue entre les citoyens et le monde agricole et d’élargir le spectre des agriculteurs intéressés par le dispositif et ainsi d’accroître sa portée et ses retombées.

Par ailleurs, initialement pensés comme des outils temporaires d’accompagnement au changement de pratiques agricoles, les PSE ont aujourd’hui tendance à s’inscrire dans la durée pour maintenir un soutien nécessaire aux exploitant(e)s ayant enclenché la transition de leurs pratiques et éviter les « retours en arrière ». Cette pérennisation des financements dépasse le cadre initial des PSE, pour lequel il était attendu un relai de la part du marché, et nécessite d’élargir le panel des acteurs mobilisés pour le financement. Cela fait écho aux travaux que nous menons chez Vertigo Lab concernant la valorisation des changements de pratiques agricoles via l’instauration de mécanismes de financement complémentaires aux PSE (primes filières, mécanismes assurantiels, structuration de filières territoriales etc.).

Vers des dispositifs pluriels et systémiques pour répondre aux enjeux des territoires

Selon les spécificités des territoires, des mesures complémentaires aux PSE peuvent être souhaitables pour renforcer le changement de pratiques. Le déploiement d’un panel de solutions permet ainsi de dépasser la logique de financement ponctuel pour adopter une approche globale du changement de pratiques. Parmi les actions les plus couramment observées, nous retrouvons un accompagnement technico-économique individuel et collectif avec une animation territoriale forte, de la maitrise foncière, de la structuration de filières, et une articulation avec d’autres politiques publiques (alimentation, agriculture, biodiversité, développement économique, aménagement). Une gouvernance multi-acteurs apparaît alors comme un facteur déterminant : collectivités, Chambres d’agriculture, instituts techniques, acteurs économiques des filières, organismes scientifiques, Agences de l’eau permettent de mobiliser les bonnes compétences pour répondre aux différents enjeux d’un tel dispositif systémique et favoriser l’adhésion des agriculteurs.

Sans prétendre à l’exhaustivité, voici quelques exemples d’initiatives marquantes en France :

Le projet Seine Nourricière (démonstrateur territorial Banque des Territoires) est le fruit d’un consortium de 8 structures fondatrices (Ville de Paris – cheffe de file, AgriParis Seine, Le Havre Seine Métropole, Métropole Rouen Normandie, Métropole du Grand Paris, Département de la Seine-Saint-Denis, Eau de Paris, PETR du Nord de l’Yonne) qui vise à structurer des filières alimentaires durables et de proximitédans le bassin de la Seine, en s’appuyant sur deux missions clés de service public portées par les collectivités : la restauration collective et la solidarité alimentaire. La définition d’un cadre commun partagé est un enjeu central d’un dispositif partenarial, pour lequel notre équipe Vertigo Lab a notamment organisé et animé des sessions de travail multi-acteurs pour co-construire la préfiguration du dispositif de PSE.

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Initiée par Eau du Bassin Rennais, la démarche Terres de Sources rassemble agriculteurs, transformateurs, consommateurs et collectivités autour de productions locales respectueuses des ressources en eau et en air du territoire et propose aux agriculteurs qui s’engagent dans la démarche un accompagnement pour faire évoluer leurs pratiques. Ces engagements sont valorisés par un label, offrant de nouveaux débouchés aux producteurs, notamment via la restauration collective.

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La coalition COVALO Hauts-de-France, portée par l’association PADV, fédère agriculteurs, coopératives, acteurs agroalimentaires, acteurs financiers et publics pour bâtir et financer, à l’échelle des territoires, des trajectoires concrètes de transition agroécologique. Cette coalition a développé une offre d’accompagnement technique visant à sécuriser et faciliter la progression des agriculteurs en leur proposant un conseil technique sur mesure, adapté à leurs besoins et au contexte local : système sécurisé de collecte de données, socle d’outils commun à l’échelle de l’exploitation pour piloter la démarche de progrès (dont IR – indice de régénération), et participation financière compatible avec une prime filière complémentaire et le 1er PSE régénératif en partenariat avec l’Agence de l’eau Artois-Picardie. L’implication du Crédit Agricole avec une offre bancaire spécifique est également un exemple concret du partage du risque pour la transition agroécologique.

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Le panel d’actions mises en œuvre par la collectivité de Lons-le-Saunier est un exemple abouti de démarche préventive et incitative pour la préservation de la qualité de l’eau potable. Des pratiques ciblées sont encouragées (abandon de la culture du maïs, mise en place de bandes enherbées, maintien des prairies, couverts végétaux, limitation de la fertilisation azotée puis conversion et installation en agriculture biologique) et bénéficient d’aides financières directs pour la certification, l’acquisition d’agroéquipements, ou encore de semences etc. Les productions bio sont progressivement intégrées à la restauration collective scolaire en régie directe, avec une SCIC comme opérateur économique intermédiaire. Une stratégie foncière est également définie, visant principalement à maintenir les prairies et l’agriculture biologique via des ORE.

logo grand poitiers communaute urbaine

Pour engager le territoire dans la transition agroécologique et l’autonomie alimentaire pour préserver la ressource en eau, la biodiversité et la santé humaine, Grand Poitiers se fixe plusieurs objectifs : soutenir l’installation et la conversion des producteurs engagés en faveur de l’agroécologie, expérimenter et diffuser des connaissances en matière d’agroécologie et de diversification, protéger le foncier agricole pour maintenir et développer des activités agricoles. Grand Poitiers a concrètement soutenu la structuration des filières du territoire avec la mise en place d’un atelier de découpe de viande et de légumes, et nu abattoir de volailles, opéré par une SCIC. L’implication des agriculteurs du territoire est au centre de l’ambition de Grand Poitiers, et un facteur clé de succès d’acceptabilité. Pour cela notre équipe Vertigo Lab a notamment mis en place un cycle de groupes de travail pour co-construire ce dispositif sur-mesure, dont les indicateurs de suivi.

De l’inspiration est également à prendre au-delà des frontières nationales, comme par exemple la ville de Munich en Allemagne qui cible les agriculteurs situés sur ses aires d’alimentation de captage. Via une contractualisation longue (15-18 ans) pour la conversion à l’agriculture biologique, les agriculteurs ont accès à des aides directes visant à rémunérer le service de protection de l’eau, compenser la diminution des rendements et soutenir les investissements nécessaires, et bénéficient également d’un suivi technique.

Ce qu’il faut retenir de ces initiatives, c’est qu’il n’existe pas une solution unique pour engager et pérenniser le changement de pratique : la compréhension des enjeux agricoles de son territoire et la mise en place d’actions concertées pour y répondre sont essentiels.

L’accompagnement de Vertigo Lab

Pour accompagner la conception et la mise en place de dispositifs d’accompagnement aux changements de pratiques, Vertigo Lab se place en tiers de confiance sur les territoires, à l’interface entre les bénéficiaires, les fournisseurs et les autres parties prenantes locales. En mobilisant notre expertise, nous guidons et accompagnons la réflexion sur les étapes essentielles de la conception d’un dispositif de PSE.

En particulier, nous guidons et accompagnons les réflexions permettant de définir :

  • Les mesures qui permettront de répondre aux enjeux du territoire et ambitions fixées pour le dispositif ;
  • Le cahier des charges qui définit les conditions et critères d’éligibilité ainsi que les attentes en matière de pratiques agricoles ;
  • Les indicateurs de suivi : adossés au cahier des charges, ils doivent être définis pour chaque mesure ou pratique agricole ciblée ;
  • La rémunération, fixée en trouvant un équilibre en consentement à payer et à recevoir ;
  • Le calendrier et la contractualisation afin de fixer la durée de l’engagement et les modalités de contractualisation.

En adoptant une posture neutre et objective, nous veillons à faciliter le dialogue entre les acteurs territoriaux pour définir, point par point, les contours du dispositif.

Tout au long de cette démarche, nous nous efforçons de mettre en évidence les questions clés à se poser avec les options possibles et leurs conséquences. Par ailleurs, nos nombreuses expériences en matière de dispositifs d’accompagnement au changement de pratiques agricoles nous permettent d’alimenter les discussions avec des informations et retours d’expériences d’autres territoires.

Afin de concevoir des dispositifs au plus près des attentes et besoins des acteurs territoriaux, nous privilégions autant que possible un travail de co-construction, afin d’intégrer au plus tôt les acteurs locaux dans la démarche, faciliter leur adhésion et bénéficier de leur connaissance du contexte local.

Nous veillons aussi à outiller les structures porteuses dans la prise en main de la démarche. Nous pouvons notamment préparer les modalités de mise en œuvre opérationnelle et de gestion administrative du dispositif, en accord avec les orientations de la structure : supports et canaux de communication visant à encourager les agriculteurs à adhérer au dispositif, modalités d’instruction des dossiers, de mise en paiement et de suivi et contrôle. Nous évaluons également au dimensionnement des moyens matériels, humains et financiers nécessaires à la mise en œuvre du dispositif.

Enfin, dans la droite ligne de ce qui constitue notre ADN, nous nous entourons régulièrement d’experts pour concevoir des dispositifs robustes et viables, à la fois attractifs pour les agriculteurs et ambitieux au regard des impacts environnementaux attendus. En particulier, nous travaillons de façon rapprochée avec des cabinets d’avocats qui viennent apporter leur expertise pour concevoir la structuration juridique de ces dispositifs, en accord avec les obligations règlementaires.

Vous pensez qu’un dispositif d’accompagnement au changement de pratiques ou un PSE peut être adapté aux besoins de votre territoire mais ne savez pas comment démarrer ? Vous souhaitez être appuyé par un acteur neutre et objectif dans cette démarche ? Contactez-nous pour échanger à ce sujet : contact@vertigolab.eu.

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